Lettres à la France

Un français à l'étranger écrit à la France, aux Français. Un engagement idéaliste nécessaire.

15 février 2008

Première Lettre aux Français d’hier et surtout d’aujourd’hui.

Il est loin le joli mois de mai. Il est mort sous les coups d’une petite France dont les seuls rêves s’arrêtent à un week-end chez mickey.

Mais ce n’est pas le plus triste. Non le plus triste c’est cette absence de mémoire, cette perte du sacré. Oh non je ne parle pas religion. Je parle d’idéal, je parle de sens, je parle presque juste d’une phrase, d’un symbole pour toute une humanité qui découvrait le sens de république et démocratie il y a moins de 300 ans. Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit…

 Rien qu’à l’écrire cette phrase, j’en ai les larmes aux yeux. Et vous ? Cela ne vous parle plus. Cela ne vous dit rien ? Cela ne vous donne pas envie d’y croire ? De le rendre possible ?

Entendons nous bien. Je ne vous parle pas politique. Ce mot a depuis quelques années perdu chaque jour un peu plus de sens, pour depuis quelques mois être juste mort.

La Res Publica est morte, enterré par un président people, qui gère plus son image et son mariage qu’une nation.

La res publica.

La Politique. Les choses de la cité… Aujourd’hui les hommes « politiques » sont des carriéristes conduisant leur plan communication. Alors évidemment, quand ces hommes parlent « idéaux » cela sonne faux.

Et pourtant notre nation est née sur des idéaux. Notre nation a forgé sa liberté, sa démocratie sur des idéaux. A l’époque ni de droite ni de gauche, juste humaniste. La chose publique, les choses de la cité s’adressait à l’humain, de nouveau. Mais enfin que nous est il arrivé ? J’aimerai un Danton, un Marat, j’aimerai presque un Robespierre… Que l’on nous donne un Mirabeau qui se dressera devant les flashs ball, en s’embrasant d’un « nous sommes par la volonté du peuple, nous sortirons par la force des baïonnettes »

 Pitié Messieurs. Revenez.

La France a besoin de vous.

Nos idéaux bafoués, piétinés, foulés aux pieds et ne valant aujourd’hui que l’encre qui sert à les imprimer sur les répliques à 5 euros en faux parchemins de notre constitution. Tous les Hommes naissent et demeurent  libres et égaux en droit… »

Dans un avion, une femme pleure, crie. Elle ne veut pas retourner dans un pays où on va la battre, la violer, la tuer… Une femme. UN ETRE HUMAIN BON DIEU DE MERDE

Cela n’a donc vraiment plus de sens ? il faut le croire. Danton revient par pitié. Remettez le feu Messieurs, redonnez à ceux qui l’ont perdue l’envie de se battre pour un idéal, pour une cause. Donnez nous la force de redonnez du sens et de la force à cette simple phrase…

Dans le même avion, une femme demande à un policier s’il compte « la piquer pour la faire taire ». Elle n’est plus un être humain. Elle a oublié qu’il y a trois cents ans des gens comme elle crevait de faim, là à deux pas. Et qu’ils se sont levés. La faim donne le cœur à se battre pour un idéal.

 

Je ne veux plus faire l’amer ou le cynique.

Je veux pouvoir regarder l’histoire d’un pays qui m’a vu naître dans les yeux sans avoir honte pour lui. Je veux dans ma voix du Danton, Du Marat dans ma plume, du Camille Desmoulins dans le poing qui se lève. Je veux pouvoir entourer les autres humains de cette nation, et leur faire entendre cette phrase « Tout homme nait et demeure libre et égaux en droit ». Qu’elle résonne, qu’elle leur fasse mal, qu’elle leur rappelle ce que France veut dire. Qu’ils en pleurent. Que leurs bonnes chères prennent un gout de cendre, et qu’ils soient affamés de cet idéal.

Je rêve sans doute. Pire je chiale. Pitié… Danton revient. Liberté chérie dis moi que tu es là encore. Et toi Egalité que tu as du sens. Et enfin toi Fraternité, apporte-nous au combat à nouveau.

 

Je rêve d’un joli mois de mai qui nous rappelait tout cela. Je rêve d’hommes POLITIQUEs se dressant, l’intérêt de tous dans le cœur et le sang. Je rêve sans doute.

 

Mais je veux rêver. Faire hurler ma voix, ma plume. Et le redire encore et encore et encore.

 

« TOUS LES HOMMES NAISSENT ET DEMEURENT  LIBRES ET EGAUX EN DROIT »

Entendez cette première supplique.

Réveillez vous…

Avant que l’on enterre les derniers rêves

 

Stephan

Bruxelles…

 

PS : Un premier poing se lève.  Qui sait? Vous lèverez le poing vous aussi...

Posté par StephanG à 23:07 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Les poings se sont déjà levés dans une bonne partie de la France. Loin de l'idéal, nous allons à contre courant pour déjà sauver ce qui est encore sauvable. Et déjà ça, c'est foutrement dur. En quelque mois, le nouvel Etat a détruit un demi-siècle d'acquis sociaux, cultures, environnementaires, moraux et j'en passe.

Je suis en effet content de voir que tu te sentes encore concerné.

Posté par Carc, 24 mars 2008 à 01:10

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